lundi 10 décembre 2018

Poèmes Cut-up n°14

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Poèmes Cut-up n°14 : « Jean-Jacques, reviens, ils sont devenus fous ! »


Un jour ou l'autre, c'est sûr « les poncifs penseurs » révolutionneront le monde avec leur dernier slogan :

« Booster les initiatives, favoriser des nouvelles coopérations... et branler le mammouth. »

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Ch'tis contre Marseillais... Qui gagne ?

Les car-wash à Lille, c’est aussi inutile que les cabines à bronzer à Marseille.

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Le syndicat CGT à propos de l’assignation, par leur direction, des pompiers au tribunal de L. pour des slogans inscrits sur les véhicules de service

« C’est un des seuls moyens d’action quand la négociation est fermée. »

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Pompier, bon œil...

Ils agressent les pompiers à coups de marteau
de barres de fer
de chaises
et de tessons de bouteilles
(à part ça
tout va bien)
les pompiers sont même obligés
de manifester
pour qu’on ne les agresse plus

Depuis on a assuré en haut lieu
qu’un plan de sécurisation des interventions
était en phase d’élaboration…

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« On a envie de changement ! » 

C’est dans l’air du temps mais on ne voit rien venir depuis des lustres…

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Algérie : La jeunesse dans le brouillard

Un sujet intéressant mais un titre mal choisi !

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Jean dort mes cons

D’ailleurs, qui a lu l’un de ses livres ?

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Une liste noire avec de grosses zones d’ombre 

J’aime bien ce titre qui résume bien à lui seul le scandale des paradis fiscaux.

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Le poids lugubre des mots

On ne dit plus « personnel reclassé » ni « personnel en sureffectif » mais « personnel en suroccupation ».

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L'enthousiasme n'était pas la meilleure des prophéties

Pas né à l’âge de pierre, ni à l’âge industriel, pas plus qu’à l’âge de la Grande Guerre ni de la Seconde... Né à l’âge du Premier choc pétrolier… cependant j’étais alors bien loin de m’imaginer cet « âge de merde » dans lequel nous vivons aujourd’hui.

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Mars sur écoute…

Les autres dieux n’ont plus qu’à bien se tenir.

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Black Friday, Cyber Monday, Sex Saturday 

J’peux encore faire ce que je veux, quand je veux, d’accord !!!

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Une nouvelle maladie incurable est apparue… 

C’est la Macronite aigüe.

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Un juge nommé, l’enquête relancée 

On sait à quoi tient l’efficacité de la justice dans notre pays…

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Culture : Vincent Lagaf’ en mode survie 

François-Xavier Farine en état de sidération.

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Pensée au saut du lit en rapport avec l’actualité avant d’enfiler mon gilet jaune pour partir à vélo...

Quand tu as une matraque et un bouclier à la main, tu finis rarement philosophe.

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Des partenaires jetables 

Demain, il suffira d’un clic.

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Retrouvailles au sommet

Sur les réseaux sociaux, j’ai retrouvé des copains et des copines d’hier. Ils ont tous des barbes qui poussent et des seins qui tombent.
Comme le chantait le variétologue François Valéry : « On a bien fait de s’aimer vivants ! »

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On nous prend royalement pour des cons, hein, Jean-Jacques ?

« Il suffira d'un SMIC, c'est certain-ain-ain-ain... »

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Le travail du futur : des vacances perpétuelles

L'entreprise VIAT (Very Important Android Technology) a remplacé tous ses employés par des robots. Plus de 35 heures, plus d’absentéisme, plus de retard au travail, plus de pause-déjeuner, plus de conflit de personnel, plus de grève, de réunion de service improductive, de personnel à former, de discussions stériles, plus d’épuisement au travail. Une efficacité optimum !
« Tous les problèmes sont enfin résolus ! » déclarent, à l’unisson de leur patron, tous les ex-salariés qui sont en vacances 24 heures sur 24 tout en continuant à être payés à 95 % puisque leurs robots-clones travaillent désormais à leurs places en continu, sans pause, jour et nuit, avec un rendement beaucoup plus efficace.
« Au final, dans cette société-là, tout le monde est gagnant ! » souligne le Directeur Général, lui-même cloné de cette grande entreprise high tech, qui sirote tranquillement un cocktail géant, au bord d’une piscine, dans un décor paradisiaque, à l’autre bout de la Terre.

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(Décembre 2018.)

mardi 27 novembre 2018

L'herbe rase, l'herbe haute de Laurent Cennamo

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éditions Bruno Doucey
septembre 2018
14 Euros


Une belle surprise aux éditions Bruno Doucey avec ce recueil d'un poète né en 1980 à Genève, d'un père italien et d'une mère suissesse. Mais le curriculum vitae d'un poète n'est pas essentiel.
Quand un recueil est bon et suffisamment original, ce n'est pas la peine d'en faire des tonnes.

Un extrait p. 40 :


Déluge

J'aimais quand le ballon était lourd. Il fallait,
pour le soulever, être Suédois, jouer

à la Roma ou à l'AIK Stockholm, s'appeler
Gunnar, ou Lennart, Nils. Certains jours de pluie,
le ballon, avance de franchir la ligne, mettait des siècles,
striés d'éclairs. Herbe lisse, bêtes furtives, la caméra
a de la peine à les suivre lorsqu'ils sculptent
leurs merveilles comme on creuse une galerie,
le trésor de leurs buts, comme un grand coffre
s'ouvre en grinçant. Déluge sur Rome,

diamant au front d'une reine, Suédoise
aux yeux verts, Venise, Ravenne, une fleur
de boue sur la poitrine, frappée d'un lys.
Plus près de la glaise, l'homme
fantomatique, joues creuses, lentement
se lève, le monde léger sachet de graines
à sa ceinture, quand il sort

lundi 26 novembre 2018

À paraître titre n°2 chez aérolithe éditions

Début mars 2019,  les éditions aérolithe publieront leur seconde plaquette.
À cette occasion, quelques lectures seront prévues ici et là dans le Nord.

Nous ne manquerons pas de vous informer le moment venu.

Sacré Rimbaud, titre n°1, est toujours disponible chez l’éditeur.

samedi 17 novembre 2018