jeudi 11 juillet 2019

Le Lundi et les autres jours, j'ai Piscine...


vacances-1987
Été 1987, on est très sérieux quand on a 16-17 ans
Un article que j'ai commis avec beaucoup de plaisir en maillot de bain, les pieds dans l'eau, et en me tournant, aussi, du bon côté du soleil...

C'est déjà un peu, beaucoup, comme un avant-goût de vacances dans le Sud-Ouest !

Une dédicace spéciale aux Copains-Copines d'hier et d'aujourd'hui...


La sélection thématique est à zyeuter ICI.

Bonne découverte !



mardi 25 juin 2019

Gérard Fromanger né en 1939


« L’amitié était mon école : celle de Jacques Prévert m’a appris à vivre, Alain Jouffroy m’a donné le goût de la pensée, l’amitié du sculpteur César m’a donné confiance et rendu possible la vie d’artiste. »

Conversation à l’infini, Hans Ulrich Obrist et Gérard Fromanger.



gerard-fromanger
© Photo « Gérard Fromanger et la Figuration Narrative »

samedi 22 juin 2019

Andrée Chedid (1920-2011) au Bac de français 2019


Chers lycéennes et lycéens,

Si vous aviez eu la bonne idée de suivre, de temps à autre, le contenu de ce petit blog, vous auriez eu quelques cartouches ou quelques billes pour vous orienter au cœur de la poésie d'hier et d'aujourd'hui...


andree-chedid  
Dans le poème ci-dessous extrait de Par-delà les mots (1995),  la poétesse, Andrée Chedid, s'adressait déjà à vous avec espoir, sagesse et lucidité :

 

andree-chedid-2004
JEUNESSE

Jeunesse
Qui oscille
Entre chaos et clartés


Même si les rivières sont rares
Les réponses opaques
Les labours sans fruits
Et les c
œurs dénudés

Tu cultiveras le partage
Brasseras des alluvions

Érigeras des lieux réconciliés.

Extrait de Andrée Chedid par Jacques Izoard, Seghers, coll. Poètes d'Aujourd'hui, 2004.


Qui est Andrée Chedid ? par Thomas Hermans in Le Figaro, 19 juin 2019.

mercredi 19 juin 2019

TSUKU...

C'est un duo singulier, mélange de fraîcheur et de gravité, formé par deux poètes de la nouvelle génération : Laura Vazquez née en 1986 dans le Sud et Simon Allonneau né en 1985 dans le Nord.

En poésie, ces deux-là avaient déjà deux univers très personnels et distincts mais la symbiose des deux, dans l'univers de la chanson à texte, est tout à fait encourageante !

Leur premier titre, électro-rap, Les yeux des ombres, mixé et masterisé par Douglas Marcolino, est un morceau planant et entêtant aux paroles chiadées et originales.

Quand j'ai appris, il y a plusieurs mois, que Simon Allonneau voulait se lancer dans la chanson (au détriment de la poésie ?), j'avoue que j'étais quelque peu dubitatif quant à ce nouveau défi. Je m'étais tout simplement trompé !

En japonais, Tsuku signifie « Piquer à la gorge, à la poitrine, ou au plexus solaire » et ne devrait laisser personne indifférent. D'autres chansons de ce duo suivront, et on les suivra bien entendu...





Une chronique du recueil Oui (2016) de Laura Vazquez par Jean-Pierre Bobillot.
Une chronique du recueil La vie est trop vraie (2014) de Simon Allonneau par mézigue.

lundi 10 juin 2019

Daniel Biga for ever

daniel-biga-il-n-y-a-que-la-vie
Ceux qui me connaissent ou suivent régulièrement les chroniques de ce blog savent que je voue une passion particulière, quasi mystique, au poète Daniel Biga et à quelques autres, depuis plus de trente ans, sans que cet engouement n'ait faibli au fil des publications de ce poète majeur de ce temps, témoin de son époque depuis 1968...
 

En 2003, Le Castor Astral avait eu la bonne idée de publier Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale (1962-2002), une première anthologie poétique de Daniel Biga, vite épuisée. Il récidive enfin avec une seconde anthologie du poète, Il n'y a que la vie (1962-2017), agrémentée d'une parfaite et éclairante préface de François Heusbourg, un de ses derniers éditeurs, qui a notamment publié aux éditions Unes trois ouvrages de Daniel Biga, dont la réédition de son journal, Octobre, devenu introuvable et publié en 1973 chez P.-J Oswald avec, cette fois, une nouvelle préface de Valérie Rouzeau.

Pour celles et ceux, parmi les jeunes poètes et les vieux, qui seraient
mystérieusement passés à côté du monumental Biga - comment cela se peut-il encore ? - je ne puis que vous exhorter à vous réveiller et à acquérir sans autre forme de procès ce nouveau recueil du genius Daniel Biga !


Daniel Biga : sur le site du Castor Astral 
                        sur le site des éditions Unes

vendredi 31 mai 2019

Les Poètes du Nord aujourd'hui...


poetes-du-nord
En mars-avril 1973 sortait un numéro unique de la revue Poésie 1. Ce n°30 était consacré aux « Poètes du Nord ». Il regroupait alors 16 poètes dont Pierre Dhainaut, Pierre Garnier, André Devynck, Emmanuel Looten, Jean-Louis Rambour et Michel-D. Robakowski, pour les plus connus...
 

Je me disais que si quelqu'un avait aujourd'hui l'idée judicieuse de composer une anthologie des poètes du Nord toujours en activité, cela donnerait un sommaire pour le moins hétéroclite, mais non moins alléchant avec, pour les Hauts-de-France, les poètes suivants :

Simon Allonneau
Paul Bergèse
Lucien Brelok
Benoît Caudoux
Arlette Chaumorcel
Fanny Chiarello
Yvar Ch'Vavar
Jean-Louis Cloët 

Jacques Darras
Ludovic Degroote
Pierre Dhainaut
Amandine Dhée
Jean-Claude Dubois
François-Xavier Farine
Dan et Guy Ferdinande
Julien et Denis Ferdinande (les fils)
Jean Marc Flahaut
Philippe Fumery
Marie Ginet
Georges Guillain
Jean Le Boël
Bénédicte Lefeuvre
Alain Lemoigne
Jérôme Leroy
Thierry Maricourt

Sylvie Nève*
Jean-Pierre Nicol
Charles Pennequin
Jean-Yves Plamont
Dominique Quélen
Cécile Richard
Florence Saint-Roch
Dominique Sampiero
Lucien Suel
Thomas Suel (le fils)
Patrick Varetz

Muriel Verstichel
Lucien Wasselin


Ce qui n'est foutrement pas si mal !

lundi 6 mai 2019

La dernière fois...

voler-de-nuit
La dernière fois que j'ai été le plus heureux, c'était en juillet dernier. Je m'en souviens très bien. C'était précisément le lendemain du 14 juillet 2018. Je rentrais d'une promenade en bras de chemise, avec mon chien en laisse, par la rue principale, qui descend vers la maison. Le soleil venait de se coucher. J'étais seul, dans la rue, à profiter de cette quiétude. Près d'un champ de blé fraîchement coupé. Soudain j'ai entendu dans mon dos une détonation sourde, puis un sifflement aigu qui se rapprochait de moi, à vitesse grand v. J'eus juste le réflexe de m'écarter de quelques mètres avant d'apercevoir les panaches d'une fusée de feu d'artifice qui fila à quelques mètres de moi, avant de s'écraser sur le sol. Je n'en croyais pas mes yeux. Je me suis dit : « C'est pas possible... je suis dans un mauvais rêve, là. » Pivotant sur les talons, je regardais autour de moi, dans l'obscurité, pour observer d'où avait bien pu être tiré le fameux projectile. Mais tout était redevenu calme, l'espace de quelques secondes, lorsqu'un second projectile passa au-dessus de ma tête, avant d'exploser, un peu plus loin, au milieu de la route. Je n'en revenais pas. J'étais devenu la cible privilégiée d'un individu visiblement dérangé, en mal de sensations fortes. Je pressai alors le pas afin de regagner au plus vite la maison et raconter cette anecdote pour le moins incongrue à ma compagne qui, à vrai dire, s'en offusqua à peine.
Il faut dire que cela faisait un peu moins d'un an que j'habitais le quartier. Et que je n'avais pas encore eu le temps ni la chance de faire connaissance avec tous nos voisins. (Rendez-vous manqué avec l'artificier)

jeudi 25 avril 2019

L'humour d'Éric Dejaeger court toujours...


eric-dejaeger
Éric Dejaeger en lecture dans le Nord en octobre 2016
Poète belge né en 1958, Éric Dejaeger est le digne successeur de Jean L'Anselme (1919-2011), poète d'humour qui préfaça, d’ailleurs, l'un de ses premiers livres.

Un court billet piqué sur son blog :


TITRES DES FUTURS ÉPISODES
DE LA SAGA STAR WARS
Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine...
ÉPISODE IX – L’ultime jedi.
ÉPISODE X – La fin définitive de l’Empire.
ÉPISODE XI – Le retour totalement inattendu de l’Empire.
ÉPISODE XII – Le petit-neveu de l’ultime jedi.
ÉPISODE XIII – La résurrection de Han Solo.
ÉPISODE XIV – Le mariage de Chewbacca.
ÉPISODE XV – Le Faucon Millenium au contrôle technique.
ÉPISODE XVI – L’héritage perdu de Luke Skywalker.
ÉPISODE XVII – Une rustine pour la Force qui fuite.
ÉPISODE XVIII – Darth Vador retourne son armure.
ÉPISODE XIX – Dans les bordels de l’Empire (interdit aux moins de 10 ans).
ÉPISODE XX – Yoda, reviens ! Yoda, reviens !
ÉPISODE XXI – Ce cave d’Empereur se rebiffe.
ÉPISODE XXII – Le retour manqué d’Obi-Wan Kenobi.
ÉPISODE XXIII – La descendance secrète de la princesse Leia.
À suivre...
eric-dejaeger
© Éric Dejaeger, 25 avril 2019.

Son dernier recueil, Le musée de la girouette et du ventilateur, vient juste de paraître aux éditions Gros Textes.

Le blog de l'auteur

Ses dernières publications chez Gros Textes.


jeudi 18 avril 2019

Blaise Cendrars: La Guerre au Luxembourg (1916)


Une anecdote extraite du catalogue de la librairie Henri Vignes, suite au salon du livre du Grand Palais de Paris, qui a eu lieu du 12 au 14 avril 2019.

Cendrars-la-guerre-au-luxembourg
CENDRARS (Blaise) 
La Guerre au Luxembourg
Paris, Dan Niestlé, 1916.

In-4, agrafé, non paginé (40 p.).
Prix :  1 300 €.


Édition originale rare de ce long poème dédié par Cendrars à ses camarades de la Légion étrangère morts pour la France et illustré de 7 charmants dessins par Kisling, dont 6 hors-texte.


Adrienne Monnier raconte dans ses mémoires que « revenant de la guerre, sans le sou, Blaise Cendrars avait été porté au Mercure de France un poème qu’on avait accepté.
Il demanda qu’on lui fît une petite avance. Mais, lui répondit-on, les poèmes ne sont jamais payés au Mercure. Eh bien, répondit-il, foutez-le en prose et donnez-moi cent sous ! ».
 

Tirage limité à 1000 exemplaires, celui-ci numéroté sur vergé de Hollande et enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur, daté de Noël 1916, à Valentine Mas-Dupont, la veuve du poète André Dupont, collaborateur des Soirées de Paris qui était tombé à Douaumont le 5 mars 1916. 

Le poème en lui-même... 

La Guerre au Luxembourg est un poème écrit en 1916 par Cendrars qui venait de perdre sa main droite, le 28 septembre 1915, lors des combats de Champagne, près de la « ferme Navarin ». C'est le premier livre qu'il a publié après sa blessure. Parue pendant la Grande Guerre, la plaquette a été visée par la censure « à 16 heures, le 11 décembre 1916 ».

L'émotion poignante du poème tient au contraste entre les scènes d'enfants qui jouent à la guerre dans le jardin du Luxembourg et les vrais combats qui continuent au front.

Tirée à 1 000 exemplaires, cette plaquette est illustrée par six dessins de Moïse Kisling, qui s'était engagé volontaire comme Cendrars dans l'armée française et comme son camarade de combat a été grièvement blessé au cours de la grande offensive de Champagne.

(Source Wikipédia.)

> Quelques anecdotes sur les faits d'armes de Blaise Cendrars sur le site de L'Amicale des Anciens de la Légion Étrangère de Paris

La photo du recueil est issue du blog  de Dan Yack, un fan de Blaise Cendrars.

samedi 13 avril 2019

Sur un panneau d’affichage


non
au travail
cette citation ornée
d’un homme d’un autre temps
une ombre noire
tapie
derrière lui
qui grossit :


« Une société qui abolit tout aventure,
fait de l’abolition de cette société
LA SEULE aventure possible. »

et, d’un coup,  me revient
en mémoire
cette autre citation
issue de la Bible,
celle-là,
écrite au cours du premier millénaire
avant notre ère :

« Là où il n’y a pas de vision, les peuples périssent. »

Ce qui revient au même, finalement.

jeudi 11 avril 2019

Billet inédit de Georges-L. Godeau (1921-1999) à Guy Valensol (1938-2018)

                                                                                 1.05.1994

                            Mon Cher Valensol,
Georges-Louis-Godeau

       Merci de ces livres de poésie. Je suis de plus en plus prudent dans tous ces avis distribués aux poètes attendu qu'à la fin de la vie je ne sais plus très bien de quoi je parle -
Sauf que poésie = émotion.
Ça, j'en suis à peu près sûr.
Hors de toute considération de forme. 

       Bonne chance donc sur la grande route.

                              Amicalement
                                   Georges L Godeau






Georges-Louis Godeau (1921-1999) :
Né en 1921 dans les Deux-Sèvres. Il devient ingénieur au génie rural tout en se consacrant à l'écriture. C'est avec un regard de journaliste ou de photographe qu'il évoque la vie ordinaire, le travail, les vacances, les joies et les difficultés du quotidien...
Mais, dans ces courts textes en prose, la poésie s'immisce constamment, dans la force d'un détail, d'une image, dans ses phrases elliptiques, concrètes, qui laissent toujours échapper l'invisible.

Principales publications : 

Les Mots difficiles, Gallimard, coll. « Jeune poésie NRF »,  1962
Les Foules prodigieuses, Chambelland, 1970
Votre vie m'intéresse (anthologie), le dé bleu, 1985, rééd. 2000
Après tout, le dé bleu, 1991
La vie est passée (posthume), le dé bleu, 2002

mercredi 3 avril 2019

dimanche 24 mars 2019

Inédits n°22

de Bernard BRETONNIÈRE, né en 1950 :

bernard-bretonnière
Bernard Bretonnière © Phil Journé, 2018.

UN MARDI EN AVRIL

Un bonheur naïf est ici

dans la petite sourdine qu'a posée la campagne :
chiens au moins, tourterelles, cheval,
l'air...
quand on rentre le linge seul
au retour de la ville, du travail et du bruit
les pieds dans l'herbe du grand pré
les mains lentes décrochant une à une
des pièces de couleurs
dans la dernière heure du jour
un mardi en avril


CE QU'IL FAUT DE PATIENCE

Il y a naître
Il y a la douleur et l'absence
la solitude l'attente
vouloir grandir
et de vains cris des hoquets
l'apprentissage du désespoir
mille choses qui se creusent
d'atroces matins
des arbres morts
des nuits muettes
des nuits sourdes
quelques crimes peut-être
puis vient l'amour 

un temps

le temps
ce qu'il faut de patience

enfin l'amour qui répond à l'amour
au sortir d'une vase profonde.


(2 poèmes extraits de Ce qu'il faut de patience, le dé bleu, 1999.)


 

Vendredi 18 novembre

Rares les femmes
qui seraient un remède à l'amour.
Nombreuses les lectures remèdes à la poésie.
Le poète est assis,

chaise posée sur une petite estrade,
il lit, jambes croisées,
il n'a pas deux trous rouges au côté droit,
mais une merde de chien sous le pied gauche.


Samedi 9 février

Ce type c'est donc
moi
et d'être là
celui-là
cet étrange étranger
rendu là  à ce point-là
ne laisse de m'étonner :
« J'ai grand-peine à croire vraiment »
comme écrit Supervielle
ou comme on pourrait dire
simplement simplement : 
J'ai grand-peine à croire vraiment
que le type qui prend le tramway
ce samedi 9 février à 19 h 15
à la station Bouffay
de Nantes
une planche de skate neuve
sous le bras
cadeau pour son fils
et dans un sac de plastique bleu
parmi des tas de notes manuscrites
les oeuvres poétiques complètes de Supervielle dans la Bibliothèque
de la Pléiade
ce type qui va se mettre à lire
sitôt qu'assis avec gourmandise
peut-être écrire aussi un peu
ce type qui pense à son quatrième enfant
à naître dans un mois alors qu'il va
sur ses cinquante-deux ans
ce type donc
c'est moi.


Mercredi 22 mai

Sur mes chaussettes
offertes par Reine
il est écrit
brodé :
Je (à la ligne)
suis (à la ligne)
génial (point).
Avec mes chaussures hautes 
aujourd'hui
on ne lit plus que :
Je (à la ligne)
suis
ce qui n'est pas si mal. 


(3 poèmes extraits de Datés du jour de ponte, Les Carnets du Dessert de Lune, 2016.)



Bernard BRETONNIÈRE :

Né à Nantes le 5 août 1950, Bernard Bretonnière vit dans un village du pays nantais, au bord de la Loire.
« Poète énumérateur » selon la formule de François Bon, mais aussi prosateur, il a publié une douzaine de livres. Ses textes sont marqués par le refus de la pompe poétique, revendiquent la précision du mot et du détail, et jouent le plus souvent avec les énumérations, jamais aléatoires mais répondant plutôt à des contraintes croisées et multiples. Il est l’auteur de plus de mille listes et une liste de ses listes sera publiée en mai 2019 dans le prochain numéro de TXT. Son écriture souffle le chaud et le froid, le cru et le tendre, aimant à télescoper les petits bonheurs du quotidien et les drames les plus cruels de l’existence.
Selon Antoine Émaz, Bernard Bretonnière « énumère contre l’oubli » et est l’un des trop rares « auteurs capables d’allier juste humour, travail de la langue et gravité ».
Comme l'écrit encore Jacques Josse à propos de Bernard Bretonnière : « Quiconque s’aviserait de fixer telle ou telle étiquette à son nom risquerait de se tromper au moins une fois sur deux. »

Depuis 2016, Bernard Bretonnière est engagé, en lien avec divers collectifs et associations, dans l’accueil et l’accompagnement de « migrants ». De cette expérience, il a tiré un « journal-poème-théâtre » dont il donne des lectures publiques, souvent accompagné d’un ou de plusieurs musiciens professionnels (Galadjo, Simon Nwambeben, Ty’ Toon, etc.) ou amateurs.

datés-du-jour-de-ponte-bernard-bretonnière
Quelques publications : 
Dans la compagnie des anges (Le dé bleu et Écrits des forges, 1994)
Ce qu’il faut de patience : Poèmes 1994-1998 (Le dé bleu, 1999)
Cigarette (Wigwam, 2007)
Des estuaires... Bacs de Loire, bacs de Gironde, road poem, avec 59 photographies de Wilfried Guyot (La Part des anges, 2008)
Inoubliables et sans nom, intro de Jacques Serena (L’Amourier, 2009)
Volonté en cavale ou D’, « poème-théâtre » (Color Gang, 2013)
Pas un tombeau (Le dé bleu, 2003, rééd, L’Œil ébloui, 2014)

Datés du jour de ponte, préf. de J-P Verheggen (Les Carnets du Dessert de Lune, 2016)
L’Ange 3-4 (sur le peintre Robert Malaval) dans Des poètes au musée (Art3 Plessis et Musées d’Angers, 2019)


À paraître :
Ça m’intéresse de savoir suivi de Ça m’amuse de savoir (L’Œil ébloui, mai 2019)

Inédits n°22 (Suite)

de Bernard BRETONNIÈRE :

 
LE MODÈLE DE L'ARBRE 
OU DE QUELQUES PETITS MATINS 

(Extraits inédits, 5 février - 19 mars 2015) 


Ce petit ensemble, telle une série, a été écrit sur une assez courte période, toujours le matin, dans un demi-sommeil.

0. 
(Ceci n’est pas un haïku) 
Prends modèle
sur l’arbre
son effort.


1.
Le poème est un chant qui parle
et qu’importe si des mots manquent
il bat
il est sang dans les tempes la poitrine
il est souffle haleté
pleurs et ris
il s’amuse il se tait il hurle
il entend désarmer le monde.


2.
Froid sur la terre
et jusqu’aux os
au noyau
même le désespoir n’a plus
la politesse de sourire.
Que pourra réparer demain ?


3.
Bonté et gentillesse ah !
désir d’ailleurs d’autre des autres
un air restauré oui !
pour habiter la terre
y demeurer
au delà de toute candeur
– s’il vous plaît.
Ils le raillèrent.


4.
Le long voyage de la nuit
de rêve en rêve
tous mal cousus.
Mais il faut revenir ici
quelle qu’en soit l’envie
assurer ses prises
sa démarche
pas à pas.
Longtemps je me suis réveillé longuement.


5.
Futailles fadaises foutaisons
fatrasie en silence vert d’eau
de gris
sans cuivres sans tambours
rien ne chante hors la joie
la joie bête.


6.
Rajuster le vêtement du monde
il le voulut
bras levés
et petit
si petit.


7.
À hauteur d’homme
monter tenir se tenir
arrêté au-dessus des violences
mal assuré et si sûr et tremblant
– digne.


8.
Le monde la vie la sienne
lourds
lourds dans ce réveil ce noir
chargé d’on sait mal quoi
de violence de fatigue
grands riens qui pèsent écrasent
comment par quel talent
se resoulever tout entier ?


9.
Charroi de peines qui s’empilent
la vie mais petite
supportée
tragique encore
et accablante
tourne tourne manège
tournent tourments
tournent moments.


10.
Le courage d’y aller
quand il faut soulever chaque geste
contre le monde épais
fendre ce bloc
passer
aller et avancer.


11.
Brève la terre
et bref chaque destin
quand tout court à sa perte
à perdre haleine souffle court
et déjà le mot fin.


12.
Le temps irréversible
– personne ne parle avec les morts
ni ne commerce avec demain
tant est lent le présent
et tout geste contraint :
si peu l’on se déplace.


13.
Fracas partout
chaque vie si fragile
jusqu’à quand épargnée ?


14.
Ce souffle chaud du monde
puant sa bêtise sa cruauté
– elles gouvernent –
sait-il autre chose que détruire ?


15.
Quoi d’autre que l’extraordinaire
ce que nous attendons
à chaque seconde
dans le gris du toujours pareil
le mou obstiné du temps
cette dépression de l’espace
tout en bas
dont si rarement nous sortons relevés ?


16.
Ne plus parler
toucher
être en place de paraître
tiré des sommeils imposteurs
tous risques pris
dans cette présence enfin.


(...)


CENT SEPT CONDITIONS
POUR ÊTRE OU DEVENIR ÉCRIVAIN


Nais de père inconnu (comme Guillaume Apollinaire), déclare-toi «né en colère» (comme Allen Ginsberg), sois cancre (comme Thomas Bernhard), rate tes études de médecine (comme Louis Aragon), revendique-toi paresseux (comme Pierre Reverdy), rêve de devenir rocker (comme Eugène Savitzkaya), sache jouer du piano (comme Agatha Christie), ne sache pas faire de bicyclette (comme Jean-Claude Grumberg), ne possède pas le permis de conduire (comme Valérie Rouzeau), fais-toi jeter en prison (comme Germain Nouveau), déteste la musique (comme André Breton), hais le quotidien (comme Djuna Barnes), pratique la boxe (comme Jean-Paul Sartre), commets quelques délits (comme Jean Genet), fume alternativement le cigare (comme Heiner Müller) et la pipe (comme Blaise Cendrars), cherche par tous les moyens à devenir célèbre (comme Norman Mailer), sois résolument sportif (comme Yves Gibeau), vis dans un presbytère (comme Michel Tournier), tiens des propos racistes (comme Jean Giraudoux), pilote un hélicoptère (comme William Faulkner), saute en parachute (comme Armand Gatti), sois fille (comme Françoise Mallet-Joris) ou fils (comme Jean-Luc Maxence) d’écrivain, sois sœur (comme Benoîte Groult) ou frère (comme Olivier Hervy) d’écrivain, adore ta mère (comme Jacques Borel), scandalise ta mère par ce que tu écris (comme Tristan Corbière), sois verbicruciste (comme Georges Perec), adhère aux Citoyens du monde (comme Bertrand Russell), n’aie pas d’enfant (comme Hans Christian Andersen), roule en Rolls Royce (comme Georges Simenon), insulte les bourgeois (comme Gustave Flaubert), arpente Paris à pied (comme Raymond Queneau), ne passe pas le baccalauréat (comme André Malraux), déplace-toi à moto (comme Michel Butor), écris dans les cafés (comme Nathalie Sarraute), exerce des responsabilités politiques (comme Ismail Kadaré), fuis les mondanités (comme Henri Michaux), vis sans télévision (comme Jean-Michel Espitallier), mesure 1,93 mètre (comme Richard Brautigan), idolâtre le chanteur Jacques Bertin (comme Pierre Veilletet), n’hésite pas à employer le mot remuement (comme Joris-Karl Huysmans), sois polymathe (comme Boris Vian), sois inventeur (comme Charles Cros), n’oublie pas d’être peintre (comme August Strindberg), sois le plus souvent de mauvaise humeur (comme Albert Cossery), adore le dieu Rugby (comme Charles Juliet), défends la corrida (comme Philippe Sollers), dispute des compétitions automobiles (comme Michel de Saint-Pierre), bats-toi en duel (comme Marcel Proust), engage-toi pour le pacifisme (comme Gabriel Chevallier), porte le monocle (comme Alberto Savinio), coiffe-toi d’un chapeau (comme Oscar Wilde), accroche à ton col un nœud papillon (comme Ramón Gómez de la Serna), retiens ton pantalon avec des bretelles (comme Giorgio Manganelli), fais-toi nommer diplomate (comme Paul Morand), aie le pied marin (comme Jack London), fais-toi libraire (comme Marcel Béalu), corrige les manuscrits des autres écrivains (comme Henry Miller), émarge dans une bibliothèque (comme Georges Bataille), deviens maître d’école (comme Jean Malrieu), conseille les jeunes poètes (comme Max Jacob), travaille la terre (comme John McGahern), élève du vin (comme Joseph Delteil), jardine (comme Edmond Rostand), profite de tes rentes (comme Jean Giono), sois aquoiboniste (comme Emily Dickinson), sois procrastinateur (comme Franz Kafka), sois mythomane (comme Nicolas Gogol), écris de la main gauche (comme W. C. Fields), écris sur des carnets de moleskine (comme Bruce Chatwin), écris dans ton lit (comme Edith Wharton), n’aie de cesse de raturer (comme Donatien Alphonse François de Sade), corrige-toi après parution (comme Graham Greene), produis-toi sur scène (comme Georges Perros), agite-toi devant la caméra (comme Daniel Boulanger), parle aussi bien qu’un livre (comme Kossi Efoui), témoigne que tu as été client du restaurant nantais La Cigale (comme Jacques Prévert), choisis un mot que tu répéteras tout au long de ton œuvre (comme André Frénaud avec le mot crassier), crie sur les toits que tu détestes un grand écrivain (comme Jules Lemaître détestait Paul Verlaine), sois un peu réactionnaire (comme Antoine Blondin), sois un impitoyable excommunicateur (comme Guy Debord), comporte-toi en dandy (comme Francis Picabia), fais-toi estampiller «maudit» par un autre écrivain (comme Stéphane Mallarmé par Paul Verlaine), bouffe du curé (comme Octave Mirbeau), emprunte ton patronyme d’auteur à un personnage de fiction (comme Françoise Sagan) ou à ta grand-mère (comme Louis-Ferdinand Céline), crypte quelques éléments de ton nom par une ou plusieurs lettres isolées (comme J. R. R. Tolkien), trouve-toi un accessoire par lequel on te reconnaîtra (comme María Zambrano avec son fume-cigarette), fais-toi recaler à l’Académie française (comme Théophile Gautier), plagie tes prédécesseurs (comme Alphonse de Lamartine avec Nicolas-Germain Léonard), invente et popularise un mot (comme Anatole France avec « xénophobe ») ou une expression (comme Pierre Béarn avec « métro boulot dodo »), apprends à nager à Trébeurden (comme Michel Leiris), choisis Royan pour villégiature d’été (comme Alphonse Daudet), sollicite les services tarifés des dames galantes (comme Léon-Paul Fargue), collectionne un objet singulier (comme Colette avec les sulfures), enivre-toi à l’absinthe (comme Alfred Jarry), consomme de la cocaïne (comme Georg Trakl), marie-toi trois fois (comme Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais et Maud de Belleroche), partage la vie d’un chat baptisé Micetto (comme François-René de Chateaubriand), ne publie aucun livre de ton vivant (comme Aloysius Bertrand), juge-toi laid (comme Giacomo Leopardi), sois hypocondriaque (comme Henri-Frédéric Amiel), sois dépressif (comme Gerard Manley Hopkins), suicide-toi (comme Gérard de Nerval). 

© Texte inédit, Bernard Bretonnière.

samedi 16 mars 2019

De quoi tenir jusqu'à l'été prochain !

avec Thomas Vinau, Jérôme Leroy et Christophe Esnault...

thomas-vinau-c-est-un-beau-jour 

Thomas Vinau
C'est un beau jour pour ne pas mourir : 365 poèmes sous la main

Le Castor Astral, mars 2019
17 Euros
 


    Le détonateur 

    je ne compte plus
    le nombre de fois
  où tu as écrasé l'éternité
d'un haussement de sourcil




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Jérôme Leroy
Nager vers la Norvège (Poésie)

Éditions La Table Ronde, mars 2019
16 Euros

Jérôme Leroy
Le cimetière des plaisirs (Roman)

La Table Ronde, coll. la petite vermillon, 14 mars 2019

7,30 Euros

Un court roman puissant, chronique intime d'un « petit prof » de collège dans une grande ville du Nord, hanté par un amour perdu et des écrivains à la lucidité décapante (Cioran, De Roux, Rigault, Perros...), aux résonances étonnamment actuelles.


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Christophe Esnault
Mythologie personnelle : réponse à 4 enquêtes surréalistes :
Pourquoi écrivez-vous ? Le suicide est-il une solution ? Quelle sorte d'espoir mettez-vous dans l'amour ? Quelle a été la rencontre capitale de votre vie ?...
Éditions Tinbad, 2016
13,50 Euros


  « J'écris une note de suicide interminable. Le mot griffonné et posé il y a vingt ans sur la table de la cuisine n'en finit pas de s'étendre, de s'augmenter via divers fragments textuels. Quand on a publié un livre, rien n'est résolu. Il faut en écrire un deuxième, puis encore un autre, rien ne remplace un acte. Que tout ait déjà été dit n'enraye en rien le processus. Suffit d'y injecter sa petite singularité et le tour est joué. Bon ou mauvais, il y aura toujours un couillon pour applaudir, une fille pour tomber sa culotte. On peut creuser à la petite cuillère le canal de Nantes à Marseille pour glaner des valorisations narcissiques. J'écris pour rencontrer l'homme derrière le texte et après relecture, je ne découvre pas celui que je croyais être.»  (...)