mercredi 13 juin 2018

Patrice Desbiens né en 1948


 LES DEUX SOLITUDES

On connaît
les deux solitudes
quand on est
poète :

La nôtre et
celle des
autres

Patrice Desbiens, extrait de Le quotidien du poète, éditions Prise de parole, 2016.

Patrice Desbiens-2016
© Photo : Sylvain Cormier

mardi 29 mai 2018

aérolithe éditions

Avis de Parution :



Sacré-Rimbaud-francois-xavier-farine

Sacré Rimbaud
de François-Xavier Farine

avec une reproduction autorisée
d'Ernest Pignon-Ernest.

Plaquette en quadrichromie.
Pelliculage mat.
16 pages au format A6 (10,5 x 14,8).

Tirage unique à 100 exemplaires
numérotés et signés par l'auteur.

ISBN : 978-2-9564467-0-5

Prix : 4 € (+ 2 € de port).

Commande à aerolitheeditions@free.fr
à partir du 1er juin.

Parution fin mai 2018.

mercredi 16 mai 2018

fast-food de Grégoire Damon

fast-food-gregoire-damon
Éditions Buchet Chastel, avril 2018
16 Euros

Une chronique de Marc Guimo

Il fut une époque - inconnue des très jeunes générations - où l'on opérait dans la vie des choix décisifs. Rock ou rap, TF1 ou Arte, droite ou gauche, MacDo ou Quick. On avait le sens de l'essentiel, du binaire et du clan. Aujourd'hui, pour contredire nos rides, on tente bien la polyvalence dans l'âme mais le seul vrai clan, on l'admet, c'est notre corps. Ce corps qui à présent tolère beaucoup moins bien le Big Royal Cheese Deluxe Detamère en Toast, comme si l'estomac se prenait pour un cerveau. Non le fast-food c'est une page presque tournée, et grâce au dernier livre de Grégoire Damon, c'est même 230 pages sur le sujet qu'on enfilera avec plaisir, mais de ce genre de saveur littéraire qu'on ne rencontre que 2 ou 3 fois l'an.
Ce qui est formidable dans ce livre que j'ai lu d'une traite, c'est que Grégoire Damon parvient à faire oublier le style et la « langue » pour immerger le lecteur dans le rush de ses personnages, on oserait dire le bain d'huile de leur destin. Beaucoup d'attachement, comme pour certains séries contemporaines on espère une saison deux avec son héros précaire !
On parlait de la transparence du style... il est pourtant bien là, mais sans s'imposer, sans forcer la main du lecteur, un travail qui rend naturel la lecture, une évidence, une fréquence partagée. Et de la poésie, est-ce qu'il y a de la poésie dedans ? Oui, bien sûr, mais elle taffe comme les autres.

Réalité dispersée, le blog de Marc Guimo

Commander le livre dans toutes les bonnes librairies.


Le site de l'éditeur

Dernières publications de Grégoire Damon :
(Poésie)
de gras et de nerf, Le pédalo ivre, 2017.
99 noms d'un seul truc, Gros Textes éd., 2015.
d'origine, Le pédalo ivre, 2014.
Mon Vrai boulot, Le pédalo ivre, 2013. 

Peau de gueule, le blog de Grégoire Damon


damon-allonneau
© photo F-X Farine.

Grégoire Damon et Simon Allonneau
avant de rentrer sur le ring de Poésie Bang ! Bang !
dans le Nord en 2015.

jeudi 3 mai 2018

Poèmes Cut-up n°13

Poèmes Cut-up n°13 : « Le seul uniforme convenable est celui du bain de vapeur. » Francis Picabia


À dada, à dada, le chômage avance à grands pas (de technologie) avec les robots d'aide à la personne

Auchan va tester des robots pour porter vos courses.

*

Self-défense économique


inventeur de la kalachmachin
Chers Seniors, méfiez-vous des faux policiers, des faux pompiers, des faux réparateurs, des faux représentants, des faux agents EDF-GDF, des fausses gentilles personnes, des faux voisins, des faux frères, des gens de votre famille... achetez un fusil !

*

Cette année, la Gastro-entérite est radicale

J'ai mal au Fillon.

*


J'crois que je suis gravement à la bourre...
 

Ce matin, dans le bus 227, il est 22h48.

*

Du vécu

Parfois les poètes consacrés sont de sacrés cons.

*

Le progrès stagne

 
Un avion sans pilote, c'est con comme une voiture sans permis.

*

On remisera bientôt la pudeur au magasin des objets perdus

Les célébrités dévoilent leur sexualité en plein jour : Beurk !

*

Le bandit de grand chemin qui a du nez

 
Il vient au procès de son complice... et finit en prison lui aussi.

*

Un ex-membre du PC dérape sur les réseaux sociaux...

« Ne mélenchons pas les torchons et les serviettes, les gens marteaux et les faux cils ! »

*

Trivial poursuite de mauve égout

Un SDF, ça vit combien de jours ?

*

La pollution nocturne est moins visible que la pollution diurne

C'est d'autant plus vrai lorsque l'on dort à poings fermés.

*

Sur BFM TV, paroles de flic et d'expert d'une rare perspicacité :

« Le tueur en série n'arrête pas de faire parler de lui. » assène le spécialiste.

« Quand on l'arrête, ajoute le commissaire, en général, ça s'calme un peu. »

*

« C'est pas la mer à boire » !

Une proposition de loi pour limiter l'alcoolisme chez les marins-pêcheurs a vu le jour.
Elle consisterait tout simplement à ne plus transporter de caisses d'alcool dans les soutes des bateaux et les cabines de pilotage.

*

Raisonnement thérapeutique par l'absurde

Un jour, j’ai dit à mon frangin : « Tu devrais aller voir quelqu’un. »
Il m’a répondu :« Tout le monde devrait consulter un psychologue. »
La tâche s’avérait plus compliquée qu'il n'y paraissait.

*

La semaine dernière, dans le bus, j'ai assisté à une scène totalement surréaliste lorsque, durant le trajet, un aveugle muni de sa canne a apostrophé le chauffeur :

« Vous pourrez m’indiquer l’arrêt au cas où je ne verrais pas celui-ci. »

* 


Marché de la Poésie 2018 : prix de folie !


Un recueil de poésie acheté, une dédicace d'un mauvais poète en prime !



* 

Un patron de supérettes que son entourage déclarait « si aimant »


« Tous les syndicalistes dans les chambres à gaz ! » avait-il précédemment proféré.

*
Un pilote immobilisé (promis à un grand avenir)

Il roulait en Ferrari alors qu’il était au RSA, deux ans de prison requis.

*

mercredi 2 mai 2018

Inoxydable : la bible du metal de Fabrice Canepa

inoxydable fabrice canepas
Tana éd., 2017
35 Euros


Ce fabuleux doc perce le mystère de ce genre musical aux multiples ramifications, apparu au début des années 70, avec des groupes comme Led Zep, Deep Purple, Black Sabbath, AC/DC, Alice Cooper sous le qualificatif de « Hard Rock ».

S’en suivront le Hard FM (Bon Jovi, Europe), Heavy Metal (Iron Maiden, Judas Priest, Motörhead), Thrash Metal (Anthrax, Metallica), Speed Metal, Black Metal et autres dérivés. Explorant la transgression et l’esthétique provocatrice de l’imaginaire metal, ce livre aborde également les guitar heroes, groupes et albums marquants ainsi que l’univers de la horde metal (look, signes de reconnaissance, etc.).

Tous les métaleux du monde reprendront vigueur avec cette bible géniale et énergisante !




dimanche 22 avril 2018

Sammy Sapin en « immortel » et Sophie G. Lucas en « poète ouvrière de la poésie »

guide de la poesie galactique
Guide de la poésie galactique de Sammy Sapin
Gros Textes éditions, 2017
10 €

Dans ce recueil de 88 pages, le poète Sammy Sapin, né en 1985, fait un bon dans le futur. Après avoir été cryogénisé, il se réveille, en 2269, dans l'espace, sur le pont d'un Vaisseau de bataille de classe III. Stoïque, face à tout ce qui lui arrive, si ce n'est qu'il soit perpétuellement assoiffé, le vieux Sammy Sapin se retrouve alors embarqué dans un univers crédible et loufoque, où de nombreuses péripéties l'attendent... Énormément de dérision et d'originalité dans ce recueil d'anticipation à l'écriture et à l'histoire parfaitement maîtrisées.
 

Un extrait :

10.

Un gratte-papier se tient au centre de la pièce, pas grande, un placard, un débarras plutôt qu'une pièce, il est courbé sur son bureau,

porte des lunettes rondes, aux verres épais.

A les joues flasques, l’œil terreux, les doigts maigres

comme
des serres de rapace.

Réveillé Sapin, demande la chose fonctionnariale,

quelles sont vos compétences ?

Suis poète, dis-je. Ai écrit pas mal d'immortels...

Bien, bien, me coupe la créature-fonctionnaire avec une grimace réjouie.
Alors je note : Aucunes compétences particulières.

Hésitation.

À moins que...

Vous ne parleriez pas le saurien, par hasard ?
(…)
Ça nous aurait probablement évité pas mal de déboires.
Vous savez. La guerre cosmique.

L'exode galactique.
Vous connaissez l'Histoire. (...)

Commander ce livre.


assommons les poetes
Assommons les poètes ! de Sophie G. Lucas
(Éditions) La Contre Allée, 2018
10 €

Dans cette publication de poche, Sophie G. Lucas a regroupé plusieurs textes et chroniques ayant trait à la poésie, à l'image du poète, son quotidien et sa condition - généralement véhiculées par l'opinion commune - et qui tordent justement le cou à l'ensemble de ces clichés qui ont encore la vie dure au printemps de la poésie. Dans cet essai composé de quatre parties (« Écrire, Faire écrire », 
« Lire (à voix haute) », « Résider » et « Résister »), on retrouve avec bonheur l'écriture pointilleuse, précise et engagée de Sophie G. Lucas. J'aime chacun des livres de Sophie G. Lucas qui, l'air de rien, donne des coup de pieds dans la fourmilière des idées courtes, avec beaucoup d'à propos, sans jamais non plus hausser le ton.

Ce petit livre revigorant est à la fois un véritable plaidoyer à la gloire de la poésie et un cri de révolte et de résistance de l'auteure face à la bêtise galopante ou rampante, et à ce monde où, pour beaucoup d'entre nous, « l'homme fonctionne, se perd et ne vit plus. » 


Un extrait :

À part ça

Et à part ça écrire, vous faites quoi dans la vie ? 
Chaque fois que la petite dame du rez-de-chaussée m'attrape dans le couloir, invariablement, elle me pose la question fatidique. J'ai beau essayer de l'éviter, elle doit me guetter derrière sa porte. (...) La petite dame me parle de la pluie et du beau temps, mais toujours, elle trouve le moyen de glisser Et à part ça, vous faites quoi dans la vie ? (...)
Parce qu'en plus d'écrire, il faut gagner sa vie. (...) J'aurais pu énumérer à la petite dame tous les métiers que j'ai exercés pour pouvoir continuer à écrire : femme de ménage, serveuse, plongeuse, animatrice d'une ligne rose, formatrice, aide-documentaliste, animatrice de radio, laveuse de flacons d'urine et autres fluides dans un laboratoire, technicienne de son, aide-ménagère pour personnes âgées, correspondante de presse (...).
 
Commander ce livre.

lundi 9 avril 2018

Rouler plus vite que la mort de Philippe BRUNEL

philippe brunel
Grasset, coll. Document, 2018
18 Euros


Journaliste à l’Équipe, Philippe Brunel est contacté en décembre 2010 par un mystérieux informateur qui l’amène à rencontrer à nouveau, en catimini, Istvan Varjas, ex-coureur cycliste et physicien hongrois de haut niveau. Ce magicien des vélos truqués est prêt à lui faire de nouvelles révélations. Bien que ce dernier vive constamment dans la peur, se sentant traqué, changeant régulièrement d’hôtel, et ayant soudainement quitté la Suisse pour le Cameroun...

Une enquête passionnante dans le monde de la triche technologique et du business avec, en arrière-plan, l’ombre du champion américain, Lance Armstrong, et sa stratégie implacable pour gagner de l’argent, être le meilleur et 
« rouler plus vite que la mort ».



Le prototype du moteur miniature électrique a été inventé
par Istvan Varjas dès 1997.

Et si Lance Armstrong avait utilisé un vélo électrique lors de la 9e étape du Tour de France, le 13 juillet 1999, entre le Grand-Bornand et Sestrières ?

En savoir plus

samedi 7 avril 2018

Kenneth White, né en 1936 à Glasgow

kenneth-white

Soirée intellectuelle

J'ai lu beaucoup de textes hindous

ces dernières années
cent ouvrages étudiés à fond
mais quand je me suis trouvé ce soir-là
près de la fille
au sari bleu
alors qu'on attendait de moi
quelque conversation brillante
je n'ai pu penser à rien d'autre
qu'au sari bleu
et à la nudité qu'il couvrait

Kenneth White, extrait de Terre de diamant (poèmes), Grasset, 1983 ; réédition bilingue, coll. Les Cahiers Rouges, 2003, 9,15 €.


Kenneth White, une chronique sur Un monde ouvert, son anthologie poétique parue en 2007 dans la collection Poésie/Gallimard, n°425, 10,50 €.

mercredi 28 mars 2018

Improbables haïkus de trajet 2

Tournoi de Pâques
de l’Étoile Club.
Sortez les crampons !

*

La déchetterie mobile
reprendra bientôt
ses activités.

*

Harmonie municipale
Soirée couscous.


*

« Marlous dans la commune ! »
le maître-nageur islamiste
et le maire crâne rasé
à l'unisson.

*

Johnny si tu savais
tout le mal
que l'on me fait.

*

dimanche 18 mars 2018

André Bessière (1926-2017) fut le dernier témoin de la vie du poète Robert Desnos (1900-1945) mort en déportation

Son long et bouleversant témoignage, en partie, inédit, à lire ICI. 

Une courte vidéo :




Les principaux ouvrages de Robert Desnos :

Œuvres, coll. Quarto/Gallimard, 1999.

Poésie/Gallimard :
Corps et biens (1930)
Fortunes (1942)
Contrée
suivi de Calixto (1962), posthume.

Destinée arbitraire
(1975), posthume.
 

L’Imaginaire/Gallimard :
La Liberté ou l’amour ! (1927) suivi de Deuil pour deuil (1924).
Le vin est tiré… (roman), (1943).
De l’érotisme
(1922, rééd. 1953 et 2013).


Aux éditions Gründ :
Chantefables et Chantefleurs (poèmes pour enfants), 1955.

Robert Desnos (Biographie) par Anne Egger, Librairie Arthème Fayard, 2007, 42 €.


Robert Desnos au 19 rue Mazarine en 1942robert-desnos-biographie


Le site de l'association des Amis de Robert Desnos

 

lundi 5 mars 2018

André Laude (1936-1995)

« Ma poésie me semble hantée par quelques idées fixes : l'horreur d'être ; le goût frénétique de la joie et de l'excès - du vin aux femmes ; l'increvable passion des mots qui tiennent à distance l'odeur de la pourriture ; la mélancolie du temps et la rage de détruire un ordre voué à ma haine ; la douleur de l'exil loin du « Sud profond » ; le poids des morts aux creux de mes reins et l'enchantement permanent d'un papillon sur l'épaule. »

André Laude, extrait de L’œuvre de chair, Éd. Arcantères/Écrits des Forges, 1988.


dimanche 25 février 2018

Terre(s) de Thomas Pesquet : Depuis l’espace, la planète s’offre en spectacle…

terres-thomas-pesquet
Michel Lafon, 2017
39,95 Euros


Pendant environ 200 jours et 200 nuits, Thomas Pesquet a observé la Terre vue de l'espace.
Des lacs gelés sur les hauteurs des Andes aux dunes du désert Mauritanien, du volcan hawaïen Mauna-Loa en action au fleuve Colorado « qui se tortille avant de se détendre comme un élastique » dans les montagnes rocheuses de nos rêves, aux mégalopoles illuminées...

Aussi à l'aise avec son téléobjectif, à bord de la Station spatiale internationale, en photographiant le spectacle infini de la nature à l'échelle des continents, 450 kilomètres plus bas, que dans sa seyante combinaison d'astronaute, Thomas Pesquet nous offre un kaléidoscope de couleurs, de paysages inclassables, et de poésie à l'état pur.

Exceptionnel !

jeudi 22 février 2018

L'anthologie « Duos », jeunes poètes : l'événement à venir

Pour sa 20e édition, Le Printemps des Poètes a choisi de célébrer du 3 au 19 mars 2018 le thème de « L’Ardeur ».

anthologie-jeunes-poetes
À cette occasion, la Maison de la Poésie Rhône-Alpes publiera l’anthologie DUOS préparée par l'éditrice et poète, Lydia Padellec des très actives éditions de La Lune bleue (choix des textes, biographies, préface). 
 
Ce 59e numéro de la revue Bacchanales réunira 118 jeunes poètes de langue française né(e)s à partir de 1970 : 59 femmes et 59 hommes en regard, ensemble. Leurs langues inventives, rebelles ou en symbiose avec le paysage, dans l’espace d’une page, se confrontent à la nature, au vivant, à l’environnement, au travail, à la civilisation numérique, à la violence, aux ravages de la guerre et des dominations.

Accompagné par les œuvres d'Anne-Laure Héritier-Blanc,  ce copieux sommaire proposera les poèmes en « duos » de :

Sophie LOIZEAU / Jean-Philippe RAÎCHE, Marie-Clotilde ROOSE / Fredric GARY COMEAU, Cathy GARCIA/François-Xavier FARINE, Séverine DAUCOURT-FRIDRIKSON / Gwen GARNIER DUGUY, Marlène TISSOT / Pierre SOLETTI, Albane GELLÉ / Olivier COUSIN, Murièle MODÉLY / Arnaud BOURVEN,
Sandrine CNUDDE / Rhissa RHOSSEY, Murièle CAMAC / Moëz MAJED, Hélène LECLERC / Vincent HOARAU, Myriam ECK / Gilles CHEVAL, Magali THUILLIER / Jean-Marc FLAHAUT, Laure MORALI / Denis POURAWA, Sabine HUYNH / Philippe PAÏNI, Marie-Noëlle AGNIAU / Sylvain THÉVOZ, Jasmine VIGUIER / Morgan RIET, Mérédith LE DEZ / Kouam TAWA, Armelle LECLERCQ / Stéphane BATAILLON, Laurine ROUSSELET /David BESSCHOPS, Sonia COTTEN / Julien SOULIER, Frédérique COSNIER / Pascal LECLERCQ, Anne MULPAS / David CHRISTOFFEL, Cécile A. HOLDBAN / Martin LAQUET, Valérie CANAT DE CHIZY / Emmanuel FLORY, Stéphane MARTELLY / James NOËL, Milady RENOIR / Mathieu BROSSEAU, Natacha DE BRAUWER / Vincent MOTARD-AVARGUES, Samantha BARENDSON / Jean-Marc UNDRIENER,Nathalie YOT / Cédric LERIBLE, Lydia PADELLEC / Simon MARTIN, Maïa BRAMI / Alexis BERNAUT, Cécile GUIVARCH / Étienne PAULIN, Nolwenn EUZEN / Thomas VINAU,
Amandine MAREMBERT / Romain FUSTIER, Lucie TAIEB / Jean-Philippe BERGERON, Cécile GLASMAN / Mathieu HILFIGER, Kim DORÉ / Thomas DURANTEAU, Eugénie PAULTRE / Armand DUPUY, Emmanuelle FAVIER / YEKTA, Anne KAWALA / Philippe CLOES, Siham ISSAMI / Cédric LE PENVEN, Samira NEGROUCHE / Vincent CALVET, Mélanie LEBLANC / Guillaume SIAUDEAU, Linda Maria BAROS / Stéphane KORVIN, Adeline BALDACCHINO / Antoine MOUTON,
Anne-Emmanuelle FOURNIER / Matthias VINCENOT, Pauline CATHERINOT / Paul WAMO, Catherine HARTON / Yann MIRALLES, Aurélia LASSAQUE / Éric PIETTE, Marie DE QUATREBARBES / Maël GUESDON, Irène GAYRAUD / Jean-Baptiste PEDINI, Geneviève BOUDREAU / Nicolas GRÉGOIRE,
Ouanessa YOUNSI / François GUERRETTE, Anne-Cécile CAUSSE / Guillaume DECOURT, Florence VALÉRO / Maxime COTON, Laura VAZQUEZ / Yannick TORLINI, Lysiane RAKOTOSON / Émilien CHESNOT, Virginie FRANCOEUR / Pierre CAUSSE, Natasha KANAPÉ FONTAINE / Martin WABLE


Saluons ici l'énergie et le tour de force de Lydia Padellec qui a mené à bien ce projet nécessaire et ambitieux, soutenue elle-même par la Maison de la Poésie Rhône-Alpes !

Je pense que cette anthologie fera date et permettra de découvrir les jeunes poétesses et poètes d'aujourd'hui ; d'en confirmer certaines et certains dans le paysage poétique contemporain et d'en révéler sans doute, aussi, beaucoup d'autres.

Chapeau !

Acheter la revue Bacchanales n°59
« DUOS », 180 pages, 22 €.

dimanche 18 février 2018

Pierre Autin-Grenier (1949-2014)

« Ce matin, au saut du lit, (...), à poil devant le grand miroir mural de la salle de bains, entre le bidet et la baignoire, il m'a semblé soudain nécessaire d'analyser plus avant la situation. »

Pierre Autin-Grenier, extrait de Analyser la situation, éditions Finitude, 2014.


Pierre-Autin-Grenier

 En savoir plus sur P A-G.

jeudi 8 février 2018

Dimoné, monnaie d'échange magnétique

Dans le répertoire de la chanson française, mes dernières découvertes remontent à Benjamin Biolay, Hubert Mounier, JP Nataf, Daran, Cyril Mokaiesh, le retour en grâce et feu de Daniel Darc, le duo Thomas Pitiot/Batlik, Clarika, Barcella puis au régional Tony Melvil.
Mais, depuis 2014, plus grand-chose ne m’a véritablement retourné. Même les éruptifs groupes Stupeflip et Fauve ont fini par me lasser tandis que le dernier opus, Blitz, d’Étienne Daho est hélas un resucé du Daho d'avant, en beaucoup moins inspiré.

dimone-bien-homme-mal-femme
Ma seule et dernière très bonne surprise a été l’album Bien hommé mal femmé de Dimoné (sorti en octobre 2014), dont je n’ai jamais pris le temps de vous parler jusqu'ici, bien que je l'écoute toujours en boucle. C’est un tort comme si j’avais voulu me le garder presque pour moi seul.

Dimoné, c’est une voix chaude et mélodieuse, des textes métaphoriques, poétiques, forts et sensibles, qui rappelle le meilleur de Bashung, une écriture qui envoie, hérisse les poils et « percute dans la poitrine ». Un univers très personnel et des chansons entêtantes « ondulant sous le tic-tac du temps ».

Il vous faut absolument emporter de toute urgence cet album pour un road-movie céleste et sensuel !




Le chanteur Dimoné se produira ENFIN dans le Nord, lors du 25e Festival « À travers Chants » de Saint-Saulve, près de Valenciennes, vendredi 30 mars 2018.

Dernier EP : Ėpris dans la glace (2017)


lundi 29 janvier 2018

Henri Michaux (1899-1984)

J'AI VU

henri-michaux
    
    J'ai vu l'homme à la tête diverse.
    À la tête semblable au râteau, il ramasse. À la tête semblable aux racines, il pompe. À la tête semblable à un tonneau, il est penché. J'ai vu l'homme à la grenouille chaude, cherchant assouvissement, et son admirable mécanisme déclencheur qui savait le lui obtenir lui faisant prononcer alors des mots doux, d'ailleurs beaucoup trop doux.
    J'ai vu l'homme semblable à une horloge qui parlait à un homme semblable à une dague. Quelle rencontre ! Mais elle n'était pas hors de l'ordinaire.
    J'ai vu l'homme à la tête semblable à une balance, l'homme fait de moignons et de réservoirs autonomes, ou comme un cintre, l'homme aux seules épaules.
    J'ai vu l'homme à la tête pétillante, et voulant m'en approcher, je n'ai pas pu. La vérité : Je n'aurais pas voulu avoir à le nourrir, seulement le connaître et plutôt de profil et d'une certaine distance à ne pas laisser combler inconsidérément, comme on observe un tigre, sans l'adopter.
    J'ai vu les hommes en arc, têtes et corps enflés au vent de la vie. J'ai vu l'homme pyramidal, l'homme requin, l'homme attaqué par sa propre hache, faisant un avec deux, mille avec trois... ou un jugement. J'ai vu l'homme tumultueux, mais j'ai vu sa race gravissant avec sang-froid et patience le haut plateau.
     Tandis qu'elle perdait les siens, des spermatozoïdes toujours jeunets en remettaient d'autres au berceau, qui reprendraient toute chose au point voulu. Et elle les regardait et me regardait et nous regardait tous passer silencieusement.

Extrait de Ėpreuves, exorcismes (1940-1944), éd. Gallimard 1946, renouvelé en 1973.

vendredi 26 janvier 2018

Christophe Esnault né en 1972




Chronique Poebzine pour Isabelle à m'en disloquer de Christophe Esnault, Les doigts dans la prose, 2011, 11 Euros.

Esnault-correspondance-avec-l-ennemi
Correspondance avec l'ennemi, Christophe Esnault, Les doigts dans la prose, 2015, 16 Euros. 

« Lettres humoristiques, caustiques ou carrément vachardes... Christophe Esnault tire à boulets rouges sur à peu près tout (...).
Un second livre jubilatoire et percutant ». François-Xavier Farine, publication MdN, juillet 2015.

Mythologie personnelle, Christophe Esnault, Tinbad éditions, coll.poésie, 2017, 13,5 Euros.

Prochaine parution :
Mordre l'essentiel, Christophe Esnault, Tinbad éditions, avril 2018.


samedi 20 janvier 2018

Gloire à nos illustres pionniers !


francois-xavier-farine
Quand on était à table, chez Papy et Mamie, et que le soir tombait, comme un couvre-feu sur le village endormi, on ré-ouvrait le grand-livre des souvenirs...
Le frère de ma grand-mère, Arthur Lemaille, qui était curé, parlait couramment allemand. À la fin de la guerre, il fut enrôlé de force comme espion en Allemagne, pour le compte des Français, dans une usine où l'on fabriquait des « boîtes de poudre » capables de faire sauter une ville entière ! Quand il est revenu de nuit, chez ses parents (qui n'étaient au courant de rien), sans sa soutane, ces derniers ont cru qu'il était défroqué.
Thérèse Lemaille-Pruvost, la sœur aînée de ma grand-mère, était entrée dans la Résistance (avec son mari, Jean Pruvost) à Lyon. Elle travaillait à la Préfecture.

Un soir, qu'elle tapait de faux papiers sur sa machine à écrire, un voisin les a avertis qu'un soldat allemand faisait les cent pas devant leur maison. Ils ont alors déguerpi par derrière en escaladant le mur du jardin, avant de s'enfuir par les traboules de Lyon.
Un autre jour, elle a été dénoncée. La Gestapo est arrivée sur son lieu de travail : « Où est Madame Pruvost ? » Elle parlait à son chef qui lui a fait signe de ne pas bouger du guichet. « Vous voyez bien, sa place est vide ! » fit ce dernier. « Elle n'est pas venue travailler ce matin. » À la fin de la Guerre, elle a appris que son chef de bureau était aussi son chef de réseau.
Son mari, « Parrain Jean », grimpé à l'arrière d'une camionnette, mitraillette au poing, se retrouva un jour, nez à nez, avec un convoi de soldats allemands. Peu disert sur ses faits de Résistance, il évoquait seulement ce souvenir précis : Il avait dû se présenter chez un boucher, armé d'un revolver, car ce dernier avait dénoncé des Résistants de son réseau. Mais, lorsqu'il avait sonné à la porte, ses enfants se tenaient à ses côtés. Les bras coupés, il avait tourné les talons, n'ayant pas eu la force de tuer ce collabo : « Désolé, mais ça, je ne peux pas le faire... avait-il déclaré à son chef de réseau. »
 

fernand-lemaille-1962
© Archives départ. du Pas-de-Calais, 1962.
Mon grand-oncle, Fernand Lemaille (employé des Houillères et syndicaliste) fut, très jeune, ce qu'on appelait un « dur à cuire », un garçon intrépide, et surtout extrêmement chanceux. « Un jour, il va se faire tuer ! » répétait alors son père cordonnier qui avait eu 12 enfants. Fernand avait dynamité des voies ferrées. Mais, un matin, tout son bataillon fut embarqué et fusillé par les Allemands. Lui eut juste la vie sauve pour la raison bien simple qu'il se rasait tranquillement derrière la porte d'entrée, lorsque les Allemands ont fait irruption dans la pièce, et qu'ils ne l'avaient pas vu... Fernand avait ensuite rejoint le Maquis. Même s'il n'en parlait pas beaucoup. Après Guerre, il a été décoré par la Belgique comme Chevalier de l'Ordre de Léopold III pour avoir fait passer en Espagne un Prince de Mérode, de la famille royale belge. 
Mon grand-père, André Farine, prenait des photos aériennes dans des avions de reconnaissance. Chez mes parents, j'avais découvert son cahier d'instruction militaire qui comportait des dessins complexes de moteurs d'avions. Enfant, je lui fauchais ses médailles militaires que j'accrochais fièrement sur ma veste de cow-boy, et j'ai longtemps confondu ses faits d'armes avec l'héroïsme de Saint-Exupéry.
Mon « oncle Maurice » Lemaille, beaucoup plus jeune, lui, (boucher de son état), racontait des histoires à dormir debout... Comme quoi il avait été boxeur professionnel. Devant nous, il revivait ses combats fictifs, mimant les deux poings en avant ses formidables K.O. et moi, j'y croyais dur comme fer, malgré le clin d'œil attendri de ma tante Alice qui souriait de ses grands yeux bleus, de l'autre côté de la table. (Seconde Guerre mondiale en famille)

*

vendredi 19 janvier 2018

Armaguédon strip de Frédérick Houdaer

armaguedon-strip-frédérick-houdaer
Le Dilettante, 10 janvier 2018
17 Euros

Élevé chez les Témoins de Yahweh, Christophe Cordier cultive l'amertume en réponse à cette fin du monde annoncée. Mais l'humour même noir qu'il glisse dans ses bulles quand il dessine sous le pseudonyme d'EphèZ ne lui est d'aucun secours pour apprendre à aimer.*
Il va dès lors régler des comptes avec son passé, tout en revenant sur l’histoire complexe de sa « famille dysfonctionnelle ».
Cet anti-héros, ce personnage de « salaud impeccable » dérange et nous pousse, en même temps, dans des questionnements existentiels.
Rapide, habile, efficace, ce roman de Frédérick Houdaer est une bombe. À 18 ans, je découvrais « J’irai cracher sur vos tombes » de Vian. 28 ans après, je tombe sur ce livre-brûlot qui ne laissera personne indifférent.
« Il ne faut pas avoir peur d’aller trop loin. La vérité est toujours au-delà. » disait Proust. Pour moi, la vraie littérature, c’est ça un « livre-coup de poing », non consensuel, à l’intrigue extrêmement bien menée, du début à la fin, et au souffle tendu.

* notule fauchée à Electre 2018, peut-être piquée, en partie, au résumé de l’éditeur.

mercredi 17 janvier 2018

Daniel Fano est un sacré type


Quand j'ai rencontré Daniel Fano – la première fois – il m'a fait songer au personnage d'Oscar Goldman dans la série L'Homme qui valait trois milliards. Mis à part ce gros pull-over débraillé qui n'était plus d'époque et cette chevelure grisonnante, il portait les mêmes lunettes aux larges verres teintés, célèbres chez les pilotes d'hélicoptère de l'armée américaine.

Ce look était plutôt rassurant et touchant pour un poète.

La deuxième fois, ce fut en juillet 2011, à Bruxelles, sous les verrières des Galeries Saint-Hubert. Il m'attendait, à la terrasse d'un café, en retranscrivant sur le papier les conversations qui bruissaient autour de lui. Son écriture, plutôt petite, consciencieuse et appliquée, me rappelait les microgrammes de l'écrivain Robert Walser. Son sourire laissait apparaître une dentition noircie et clairsemée, trouée sans doute par l'abus de nicotine.

Il fut d'emblée accort et naturel avec moi, bien qu'un peu réservé, avant de se révéler être ensuite un bavard intarissable. Il racontait un tas d'histoires et d'anecdotes captivantes. Il semblait parfois même être le spectateur étonné de ce qui lui était arrivé dans son parcours de poète.


Daniel Fano commença à écrire dans le journal de son lycée, avec deux autres élèves, dont Guy Goffette qui y écrivait des poèmes plus classiques, énamourés : « Ce qui plaisait beaucoup aux filles », s’amuse Daniel Fano. « Moi, ce qui me fascinait : c'étaient plutôt les histoires d'espions, d'explosions et les villes en flammes... mais, évidemment, ça n'avait aucun succès ! »

À dix-huit, dix-neuf ans, isolé à Arlon, ville francophone de Belgique, située à 185 km de Bruxelles, Daniel Fano se mit naïvement à écrire à plein de gens importants. Il ne connaissait alors rien de la vie littéraire, ni comment tout cela fonctionnait vraiment.

« J'avais un petit carnet dans lequel j'avais noté des noms de poètes ou d'écrivains dont l'écriture me touchait, j'inscrivais des numéros en face des noms, puis j'écrivais un poème « à la manière de » que j'envoyais ensuite à chaque auteur... Prévert, Michaux, Mandiargues, Topor, Jouffroy, Mansour, etc. J'étais plutôt marqué par un certain surréalisme français à l'époque. »

« Ainsi ai-je une belle collection de lettres de réponses... » me confia-t-il, en souriant.

dominique-de-roux
La rencontre décisive avec Dominique de Roux (1935-1977)

« Un jour, je découvre dans une revue un texte polémique de Dominique de Roux que je ne connaissais pas non plus. Je lui ai adressé en réponse un texte de la même veine que le sien, à la suite duquel nous entretenons une correspondance suivie pendant près d'un an. Je reçois des lettres avec de magnifiques timbres des quatre coins du monde... »

« C'est incroyable, la vie de ce type ! Il paraît toujours en partance ! »

Puis cela s'arrête brutalement. Dominique de Roux me dit : « Je ne corresponds plus avec les gens que je ne connais pas. »

Il poursuivit :

« Je débarque donc, un jour, de ma province à Paris... et j'arrive devant un bel hôtel particulier avec une cour intérieure ; je me présente à la secrétaire, à l'accueil des éditions Julliard :

- Bonjour Madame, je suis venu voir Monsieur Dominique de Roux... »

La dame est étonnée et me demande si j'ai rendez-vous ?... avant d'ajouter :

- « Vous avez de la chance, jeune homme, que Monsieur de Roux soit là... il s'absente souvent pour son travail... »

« Je suis donc reçu par Dominique de Roux qui ne tarde pas à m'héberger dans une mansarde au-dessus des éditions Julliard. Je suis nourri, logé, blanchi. Je passe la plupart de mes journées à lire et à écrire. Le soir, Dominique de Roux me rend visite, il lit ma production de la journée qu'il jette régulièrement à la poubelle : « Ouais, c'est pas mal, continuez ! ».

Il me conseille aussi de lire tel ouvrage de tel auteur ou de tel autre ; je puise donc régulièrement dans les rayonnages de sa bibliothèque personnelle à laquelle j'ai accès. De temps en temps, je suis aussi porteur de valises de la très vieille secrétaire des éditions qui a du mal à monter les marches des étages de cette demeure particulière.

Cela dure à peu près trois ans... avant que je doive revenir en Belgique pour effectuer mon service militaire.

Après mon service, je retourne chez Julliard, pensant récupérer mon travail... 


joyce-mansourDominique de Roux me dit :

« Qu'est-ce que vous faites là ? » 


- « Je suis venu reprendre mon poste... »

- « Ah non, me dit-il, maintenant, c'est terminé. Vous devez vous trouver un vrai métier... Faites camionneur, bûcheron, journaliste... ou ce que vous voulez... Allez faire vos humanités ! »

« Dominique de Roux me permit également de rencontrer Henri Michaux à deux reprises et, plus tard, j'eus aussi la chance de rencontrer la poétesse surréaliste, Joyce Mansour, avec d'autres poètes belges. Je fus totalement intimidé par cette femme, terrorisé même. Pourtant, malgré mon mutisme, elle me prit en amitié et me défendit constamment face aux railleries des autres. » 

Sous le parrainage de Marc Dachy (1952-2015)

« De retour en Belgique, je fais la connaissance de Marc Dachy qui deviendra l'un de mes proches. Il me permettra par exemple de rencontrer, en privé et à ma plus grande joie, John Cage. Il a ses entrées partout et connaît bien le milieu culturel belge, notamment bruxellois. Il m'y introduit et me permet aussi de réaliser mes premières piges littéraires. Ensuite, je suis réellement lancé en poésie – comme vous le savez – en 1974 par Bernard Delvaille dans l'anthologie, La Nouvelle Poésie Française, qui paraît chez Seghers et dont le tirage dépassera les 100 000 exemplaires. Ce qui est phénoménal pour l'époque.

Ensuite, je deviendrai journaliste indépendant après m'être pas mal investi dans l'édition pour la jeunesse. »

« Curieusement, dans les années 80, je deviens un poète indésirable. À la suite de l'envoi de plusieurs de mes manuscrits, je ne reçois que des refus de la part des éditeurs, parfois même accompagnés de lettres incendiaires. Je n'ai refait surface qu'au milieu des années 2000, grâce à deux éditeurs, Jean-Louis Massot des Carnets du Dessert de Lune d'abord, puis Jean-Yves Reuzeau du Castor Astral, qui m'ont à nouveau fait confiance. »

« Avec ma poésie, je me suis aperçu qu'il n'y avait pas de demi-mesure, soit on l'aime, soit on la déteste farouchement... »


Notre conversation se poursuivra dans un même climat détendu et chaleureux jusqu'au milieu de l'après-midi où Daniel Fano m'entraîne dans le dédale de la somptueuse librairie, Tropismes, puis à l'assaut des bouquinistes bruxellois.

Nous nous quittons joyeusement émus de ces moments partagés, volés au quotidien des jours alourdis par la nécessité d'un travail alimentaire – avec la perspective de nous revoir bientôt sur Lille. Je n’ai pas eu le temps de lui faire dédicacer ses ouvrages. Il en rit.
 

© François-Xavier Farine. Extrait d'un livre de portraits inédits.

2. Bio-bibliographie de Daniel Fano

Bio-bibliographie de Daniel Fano


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© Photo Didier Lesaffre
Écrivain et journaliste belge, Daniel Fano est né en 1947. Il est apparu pour la première fois chez nous, en 1974, dans l'anthologie, La Nouvelle Poésie française, éditée par Pierre Seghers et pilotée par Bernard Delvaille. Auparavant, il fut publié dès 1973 en Belgique dans la revue Phantomas, d'où une propension pour le non-sens, à l'image de certains surréalistes belges. Puis, dans la revue d'art et de littérature internationale Luna-Park dès 1975.

L'action rapide, syncopée de ses premiers textes à la structure volontairement éclatée, déstructurée, rappelle le rythme séquencé de la Bande Dessinée. Le cycle de ses « poèmes », parus depuis, au Castor Astral et aux Carnets du Dessert de Lune, sont autant de micro-fictions baignées de culture anglo-américaine (revues et magazines, cinéma, musique, etc.). Une mythologie moderne, insolite et débridée, en découle, où « le faux semble un moment du vrai », où résonne aussi parfois le cauchemar de l'Histoire et un certain désenchantement.

Les titres des recueils de Daniel Fano sont toujours savoureux : Chocolat bleu pâle, Un champion de mélancolie, La nostalgie du classique...


Dernières publications :

De la marchandise internationale, Les Carnets du Dessert de Lune, 2017, 12 €.
Privé de parking (Micro-fictions), Éd. Traverse, 2017, 12 €.
Six prototypes, éd. Derrière la salle de bains, 2015.
Ne vous inquiétez plus c'est la guerre, Les Carnets du Dessert de Lune, 2015.
Petites natures, éd. Unes, 2015.
La Contrepartie (petit roman), Pierre-Guillaume de Roux, 2015.
Comme un secret ninja, Le Castor Astral, 2007.


Une « tétralogie » en prose aux Carnets du Dessert de Lune :
L'année de la dernière chance, 2004.
Le privilège du fou, 2005.
Sur les ruines de l'Europe, 2006.
La vie est un cheval mort, 2009.


En 2007, Daniel Fano a également consacré une biographie à Henri Vernes, le créateur de Bob Morane, et aimerait beaucoup écrire – c'est l'un de ses nombreux projets – sur la série « Chapeau melon et Bottes de cuir ».

1. Daniel Fano est un sacré type (retour à l'article).

mardi 9 janvier 2018

Gaston Criel (1913-1990), poète, de Seclin (Nord) à Saint-Germain-des-Prés


Joëlle Wallerand donnera une conf' sur Gaston Criel, ce jeudi 11 Janvier 2018 à 14H30 à la Bibliothèque Jean-Lévy de Lille, 32 rue Édouard Delesalle.
 
« Né à Seclin en 1913, Gaston Criel écrit Gris (1938) remarqué par Paul Éluard. Il est ensuite prisonnier cinq ans au Stalag XI A (près de Berlin) et au Kommando 66 (sur l'Elbe). La poésie et les lettres de Jean Paulhan, Max Jacob, etc. l'aident à survivre. Libéré, il rejoint Saint-Germain des-Prés, bien décidé à vivre de son art. »
En 2010, Guy Darol a consacré un très bel article à Gaston Criel sur son blog, meilleur moyen de faire connaissance avec ce poète et olibrius-là, originaire du Nord.

Gaston Criel-Louis de Gonzague Saint FrickPrincipales publications de Gaston Criel :

Poésie :
Amours, Éd. de La Hune (Lille), 1937.
Gris, Éd. de La Hune (Lille), 1938.

Étincelles, Éd. Denoël, 1939.
poèmes manifestes, frontispice de Braque, EpF, 1951.
K.G., Cahiers Pierre Seghers, n°257, 1953.
Le poète et ses poèmes, frontispice d'Oscar Dominguez, Jacques Brémond, 1982.

Popoème, Gaston Criel, Éd. Millas-Martin, 1976, réédité aux éditions du Chemin de Fer, 2015, 9 €.
La fausse quête, Éd. Jacques Brémond, 1997.

Romans :
La Grande foutaise, Fasquelle, 1953.
Sexaga, Plasma, 1975.
gaston-criel-louis-armstrongPhantasma, Plasma, 1977.
Circus, Vrac, 1981.
L'Os quotidien, Éd. Samuel Tastet, 1988.

Essai :
Swing, présentation de Jean Cocteau et Charles Delaunay, Éd. Universitaires de France, 1948, plusieurs rééditions successives.

Monographie consacrée à l'auteur : 
Gaston Criel, du Surréalisme à l'Underground par Jean-François Roger, L'Harmattan, 1998.

Revue nord' n°24, Gaston Criel, Études réunies par Janine Hache, décembre 1994.




Gaston Criel au côté de Guy Ferdinande, animateur de l'underground poésie
dans le Nord au cours des années 80-90.