mercredi 23 octobre 2019

Heptanes Fraxion, t'es le meilleur !


C'est la viande qui fait ça, Heptanes Fraxion, avec deux illustrations de WOOD, Cormor en nuptial éd, 2019, 12 €.

heptanes-fraxion-c-est-la-viande-qui-fait-ça


Le deuxième recueil d'Heptanes Fraxion (édité aux éditions Cormor en nuptial), enfin le troisième, après sa délicieuse petite plaquette, Et les gens continuent de tomber avec la nuit, publiée en juin 2019 chez aérolithe éditions, est tout à fait excellent !

Différent des deux premiers mais dans la continuité tout de même... Il y a à nouveau plein de poèmes percutants que j'adore, truffés d'images qui dynamitent le texte dans leur déroulé, quasiment, à chaque ligne.

Il y a aussi des poèmes où Heptanes Fraxion se livre plus, se met davantage à vif, à nu, et plus seulement et uniquement par le truchement de portraits de gens rencontrés au hasard de ses déambulations urbaines.

Dans le poème ci-dessous, par exemple, le poète n'exclut rien pour bien rendre compte à la fois de la fringale et de la violence du désir entre deux êtres et de la charge sensuelle et sexuelle qui en découle :

permaculture dans les cimetières

c'est bien nous ça 
comme neufs
comme hallucinés du cadeau de nous-mêmes
dans les rues vides de la sève violette
ou à l'hôtel comme des héros en levrette
partouze à deux

c'est bien nous ça
souffrant d'un joyeux syndrome
foutre de cheval à gueuler partout dans la gare
glacée
ou dans le fameux cabaret à larynger nos bluettes
punkoïdes avec l'alcool de nos ventres
avec la sauce de nos souffles
ou dans le calque des souterrains parsemé d'étoiles
cruciformes

nous affamés sur la route
sur les roues
sur les rails
derrière la baie vitrée du restoroute

au chaud
à se plaire dans l'écrasé de pommes de terre
et de la connexion mentale
et du poulet grillé
et de tout l'or de l'orgasme vaginal

toute une journée comme ça
contre la montre
dans le contre-jour enfumé
à bisouner nos verges à la base
et à jouer le contre dans la neige ensoleillée
joue contre joue dans des aires d'autoroutes
absolument désertes
le lundi
dans la féerie de l'industrie lourde
et dans la féerie de l'enculade

c'est bien nous ça
morts de rire en sanglots
avec le sang au volant de l'évidence qui berce
nos poitrines
euphories à faire foisonner le piano de nos poumons
fatigués

(...)

moment M
instant T

à se dire au revoir la bouche pleine de buée
avec nos voix de roues voilées
nos voix d'oiseaux tombés du ring

(...)

Pour acheter le recueil auprès de l'éditeur belge, Gaël Pietquin, c'est ici :
cormorennuptial@gmail.com

Aucun commentaire:

Publier un commentaire