lundi 21 août 2017

Biarritz et ses écrivains, 2e partie.

Biarritz françois-xavier farine

Biarritz est devenue, au début du XXe siècle, un haut lieu de villégiature et de festivités idéal pour tout le gotha mondain international, mais de nombreux écrivains, poètes et romanciers « à la mode », n'ont pas été non plus insensibles aux fastes de la cité balnéaire, ni aux charmes de la Côte Basque.

Ainsi, si j'ai déjà pu me rendre compte au fil de mes pérégrinations passées dans les rues de la ville qu'il y avait, par exemple, une place dédiée au poète Louis Guillaume (1907-1971), j'ai aussi fait depuis d'autres découvertes passionnantes...

Louis Guillaume-BiarritzLouis Guillaume,
un poète « biarrot » à redécouvrir

Du milieu des années 50 au milieu des années 80, Louis Guillaume a bénéficié d'une certaine popularité dans le milieu poétique. D'origine bretonne, le poète, Louis Guillaume, fut d'abord instituteur, professeur de français, puis directeur d'école parisienne, avant de prendre sa retraite à Biarritz, dès 1962, où il ne cessera plus jamais d'écrire jusqu'à sa mort, en 1971.

En 1951, Louis Guillaume obtient le premier Prix Max Jacob de poésie pour son recueil Noir comme la mer, publie Ombellies en 1953 parmi les célèbres plaquettes des « Cahiers de l'École de Rochefort » lancées par Bouhier, Cadou, Bérimont, Rousselot et Béalu – comme Jean L'Anselme qui y publiera également son Grand Film en 1952 aux mêmes éditions.

En 1961, Louis Guillaume reçoit également le Prix de poésie Antonin Artaud pour son recueil La nuit parle paru aux éditions Subervie. C'est-à-dire deux des plus importants prix de poésie à l'époque !

Louis Guillaume a, entre autres, aussi publié Fortune de vent en 1964 aux éditions José Corti et une anthologie de ses meilleurs poèmes, Poèmes choisis, a été éditée de manière posthume, en 1977, aux éditions René Rougerie.

Sa belle-fille, Lazarine Bergeret, et notamment
L'association des amis de Louis Guillaume, ont beaucoup œuvré pour faire connaître son œuvre qui comprend aujourd'hui de nombreuses publications posthumes, dont l’ensemble des lettres adressées par Max Jacob à Louis Guillaume, de 1937 à 1944, paru aux éditions La Part commune en 2007.

Cocteau-Biarritz
Cocteau à Biarritz
Jean Cocteau et le Festival du Film Maudit

Près de la Côte des Basques, on trouve aussi une ruelle en cul-de-sac qui s'appelle le « Passage Jean Cocteau », à quelques rues seulement d'un château surplombant la mer, La Villa Belza, qui aurait certainement pu servir, a posteriori, de décor au film, La Belle et la Bête, du célèbre poète-académicien. Pourquoi ce clin d'œil au « Prince des Poètes » ?

La raison en est bien simple : Jean Cocteau a créé en 1949, à Biarritz, le Festival du Film Maudit. Dans un livre qui y fait justement référence et que j'ai pu consulter, j'ai eu la chance de voir la reproduction d'une photo sépia où on aperçoit notamment le Jury de ce Prix, les pieds dans l'eau. Sur ce cliché figuraient notamment : Jean Cocteau, Raymond Queneau et François Truffaut, alors adolescent. Sous le parrainage de Jean Cocteau, François Truffaut y rencontra Chabrol, Rivette, Rohmer et Godard.


Néanmoins, ce festival eut une vocation tout à fait éphémère puisqu'il n'y eut apparemment que deux éditions - dont le but inavoué mais très sérieux pour Cocteau, au départ, était de concurrencer le prestigieux Festival de Cannes !

Le Vieil Homme et la Mer

Hemingway-Fitzgerald
Hemingway & Fitzgerald

Ce que l'on sait peut-être moins, c'est que l'écrivain américain, Ernest Hemingway, lui-même, fréquenta – comme un autre écrivain de la Lost Generation : Francis Scott Fitzgerald et son épouse Zelda – le somptueux Hôtel du Palais faisant face à la Grande Plage de Biarritz, depuis qu'il a été construit par Napoléon III, en 1854, en l'honneur de son épouse d'origine espagnole, Eugénie de Montijo.

C'est en effet dans ce mirifique Hôtel du Palais, où il séjourna quelques temps, qu'Ernest Hemingway a fini par évoquer Biarritz dans son célèbre roman Le soleil se lève aussi. Et qu'une partie de l'adaptation cinématographique du livre a été tournée, avec Ava Gardner, en 1957.

Si la « Lost Generation » des écrivains américains fréquenta assidûment Biarritz, la Beat Generation, elle, fréquentera, quelques décennies plus tard, des lieux parisiens beaucoup moins huppés. Mais ceci est une autre histoire... à vous raconter un autre jour... sous un soleil beaucoup moins généreux... loin de la surf attitude.

                                                                                                                 Biarritz, le 21 août 2017.

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