lundi 8 mars 2021

J’espère qu’elle lira ce poème… #6

fille-6
Elle m’avait invité à un feu de camp
pour le départ de ses amis
Elle m’avait dit de venir la retrouver
là-bas
je buvais un verre au restau-lac
ce soir-là et mes meilleurs amis
sentaient bien qu’il
se passait alors quelque chose
de plus grand que moi
quand je suis arrivé elle m’attendait
accroupie près du feu
tout semblait prédestiné entre nous
et si un jour parfait avait existé
sur Terre il me semble alors que c’était
celui-là et pas un autre
Elle m’a dit je n’ai pas envie de rester ici
très longtemps
viens on s’en va et on est parti tous les deux
dans la nuit sur cette route qui montait
sous les lampions du soir
où résonnait encore le rire de mes amis                       
Ils l’ont tout de suite acceptée
elle était si naturelle et si joviale
en même temps
une évidence pour moi
que l’amour nous sublimait
ce soir-là et pour tous mes amis d’ailleurs
je la revois brune et bronzée
elle est fixée pour toujours
dans l’éternité de l’instant
avec ses beaux yeux marrons
ses longs cheveux très fins
son short en jean et ses petites baskets
blanches
et cette manière si féminine
de croiser les jambes avec grâce
comme une ancienne danseuse classique
qu’elle avait été
je l’avais raccompagnée
jusqu’à son bungalow
dans la douceur inoubliable
de juillet
(où les lumières des lampadaires
n’empêchaient pas les étoiles de briller)
elle m’avait lancé sur le pas de la porte
avec impatience
et surtout beaucoup d’aplomb
tandis que je n’en finissais pas d’allonger le temps
Bon, on va peut-être s’embrasser maintenant, non ?
(qu’est-ce que tu en dis ?)
Cet amour-là quand j’y repense
vraiment
je n’ai jamais pu cesser de l’oublier.

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