surnommé « un Musset en blue-jeans » . En 1966, L'Été des corps avait surpris par sa violence, sa sincérité presque insoutenable et, vingt ans après, l'éditeur et poète Guy Chambelland avait ajouté que « ce livre demeurait l'un des plus paroxystiques de sa génération » .
CROQUER L'AVENUE
Le soleil soulève des robes
dont les couleurs bourdonnent
de chaque côté de l'avenue
où j'avance, bête aveuglée
La ville est belle à en crier !
Un berceau racle le trottoir
Ce caniche mouille l'arbre noir d'une botte
Cette femme fardée, l'oeil en fuite,
conduit une Buick aux pare-chocs tordus
La route a tué l'an passé 8500 personnes.
" Paris-Journal " l'avait prédit, en 72 capitales grasses !
Sur la terrasse des cafés
la foule s'étale, bedonnante d'insouciance
Les vieux sont riches cette année
On dirait que toute la ville a tué le cochon
Souscrivez à l'emprunt des Charbonnages
de France, à 5%, capital indexé...
Les garçons raflent ce qu'on leur laisse
le dix pour cent minimum au pas de course
Il faut vivre vite pour ne pas penser !
Un CRS, le col enneigé de pellicules,
monte la garde d'un monument désaffecté
On a le physique et l'emploi qu'on mérite
Engagez-vous dans les casquettes vertes
L'Armée vous offre un avenir
une cure de sang frais dans les Djebels !
Belle journée ! chantonnent les dactylos 1960
qui descendent de bicyclette
pour offrir leurs seins au premier venu
s'il chausse une voiture neuve
et s'il a du sexe en banque.
une cure de sang frais dans les Djebels !
Belle journée ! chantonnent les dactylos 1960
qui descendent de bicyclette
pour offrir leurs seins au premier venu
s'il chausse une voiture neuve
et s'il a du sexe en banque.
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