dimanche 27 novembre 2016

Bonne pêche aux livres, cet été !


Les amateurs de livres anciens se raréfient, les connaisseurs des grands poètes d'hier également. C'est une aubaine pour moi ! Comme chaque été, j'ai ramené dans mes bagages un lot de livres dont je suis particulièrement fier. Certains bouquinistes semblent avoir compris qu'afficher des recueils à des prix exorbitants, prohibitifs les condamnaient à rester éternellement avec leurs cargaisons de beaux-livres inaccessibles en vitrine.


Celui dont je suis le plus fier, c'est un exemplaire du Droit d'asile du poète André de Richaud (1907-1968). Un petit Cahier Seghers dédicacé à Claude Roy. Cela faisait plus de 20 ans que je guettais un livre dédicacé de ce remarquable écrivain !

André de Richaud, ex-collégien à Carpentras avec Pierre Seghers, a été un grand poète du mal de vivre, écorché, « dans un état de précarité chronique », alcoolo jusqu'à la moelle. Il finira sa vie, à peu près seul, grâce à la générosité de quelques amis, dans un hospice de vieillards à Vallauris. Mais alors que le tout Paris littéraire ne savait plus du tout ce qu'il était devenu, le croyant mort... Du plus profond de sa haute solitude, André de Richaud leur répondit de la plus belle manière que ce fut en composant, en 1965, un petit livre extraordinaire et émouvant : Je ne suis pas mort aux éditions Robert Morel pour lequel il recevra le Prix Roger-Nimier. 

« Un écrivain ne peut pas être maudit. Ce sont les autres qui le sont. » 
André de Richaud

Je suis d'autant plus content que la dédicace d'André de Richaud s'adresse à Claude Roy (1915-1997), un autre poète important que j'aime toujours, dont il faut absolument relire le recueil À la lisière du temps qui lui valut le Goncourt-Poésie en 1985, ainsi que son passionnant journal de bord en plusieurs volumes qui s'étend sur près de 30 ans : de Moi je (1969) à Chemins Croisés (1994-1995). Claude Roy y évoque ses voyages, son métier d'écrivain et ses rencontres, ses amis-poètes et le cours de sa vie : celle d'un intellectuel et d'un homme sensible qui ressemblait beaucoup à sa poésie et qui aura toujours été attentif à ses contemporains, comme à l'air du temps. 


Mais pour revenir à André de Richaud et faire plus ample connaissance avec lui, je vous conseille de lire l'excellent Poète d'Aujourd'hui n°147 que le poète, Marc Alyn, lui avait consacré dès 1966. On peut très certainement encore mettre la main dessus chez les meilleurs bouquinistes sudistes ou parisiens.

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