lundi 28 novembre 2016

John Giorno, poète post-beat, inventeur des « poèmes téléphoniques »


Jusqu'ici, je n’ai jamais parlé de la poésie de l’américain John Giorno né en 1936, sorte de poète-beat de la dernière heure, fréquentant l’underground new-yorkais au milieu des années 60, ami de William S. Burroughs et d’Andy Warhol. J’ai pourtant acheté, il y a près de dix ans, ses trois recueils de poésie publiés chez Al Dante : Il faut brûler pour briller (2003) : quel titre !, Suicide Sûtra (2004) et La sagesse des sorcières (2005).

Depuis lors, que devient John Giorno ?

Sa poésie hédoniste, à la fois sensuelle et crue, célébrant le sexe, la drogue, etc., composée de longs chants illuminés et cataclysmiques de notre époque, me manque terriblement. 

J'attends donc une nouvelle salve de ses poèmes pour endiguer la marche hypocrite et sale du temps.

©  texte original 1994 - traduction française (2003)
Voici un extrait de son premier recueil You got to burn to shine :

BERLIN &
TCHERNOBYL 

J'étais à Berlin
la semaine après
Tchernobyl,
et on a sans arrêt
été surpris
par de chaudes
averses
de printemps,
de grosses
grosses
gouttes de pluie
chargées de
radioactivité
m'éclaboussaient
le visage
et coulaient dans
mes cheveux
et entre mes lèvres
encore
et encore
et sans cesse,
de grosses grosses
gouttes de pluie
serties
de radioactivité
ont imbibé
ce blouson
en cuir
noir
que je porte
ce soir,
en lourdes
grappes
mouillées
dans le cuir
souple et noir
des épaules,
100 000 ryms
je ne le porte que
pour les grandes
occasions,
je suis comme
Louis XIV
j'ai un manteau
cousu de
10 000 diamants,
et je m'en suis bien
tiré.
                   (1986)


John Giono Performance au Flux Laboratory de Genève (2015)
Poème « Everyone gets lighter » (Tout le monde devient lumineux)
publié dans La sagesse des sorcières, Al Dante (2015)

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