dimanche 29 janvier 2017

Samantha Barendson, une belle sensibilité à se souvenir...


samantha barendsont-tanguy guezo
Samantha Barendson (2016) par Tanguy Guézo
J'ai lu pour la 3e fois en trois jours Machine arrière, le nouveau recueil de Samantha Barendson née en 1976 en Espagne, de mère italienne et de père argentin, publié récemment aux éditions La passe du vent et cela a été pour moi une révélation/confirmation.

À la suite de son livre, Le citronnier, bouleversante enquête poétique « modianesque », à rebours, sur les traces d'un père disparu prématurément, ce recueil confirme l'intuition tenace que j'avais ressentie dès juillet 2014, pour être précis, au sujet de cette auteure en devenir.

Dans Machine arrière, j'ai retrouvé la même fraîcheur, ainsi que la belle sensibilité de l'auteure dans des textes émouvants et surprenants, poèmes concis au ras des mots - souvent factuels - comme autant d'instantanés constitutifs des moments clés d'une existence reconvoquée avec force et justesse. Le recueil offre également une composition bien rythmée dans une forme ciselée et sensible à la fois.

barendson-machine arriere
De la prime enfance à l'âge adulte, on accompagne le parcours de cette jeune femme d'aujourd'hui au tempérament de battante : on revit ses peurs et ses rêves, ses inquiétudes, ses désirs et ses aspirations, et même si les premières blessures et déflagrations se mêlent aux désillusions et aux reconquêtes... c'est presque toujours le sel de la vie et l'abnégation de la jeune femme qui en sortent triomphants, l'espoir, la volonté de manger la vie ou de se remettre chaque fois debout comme si rien ne pouvait l'atteindre tout à fait : « Ce quelque chose / s'en va / et la peur / claque la porte / Revivre / Respirer »

Dans la postface de Machine arrière, Samantha Barendson explique que « dans ce livre, elle avait envie de voir si elle pouvait donner la sensation d'une existence uniquement à partir de souvenirs. »

Le pari est gagné ! Et de quelle manière !

Un extrait (p. 53) :

La serveuse
a cinquante ans 
elle me sert
un café

Elle est triste
fatiguée
usée
lasse

La serveuse
c'est moi
dans trente ans

Je démissionne
je reprends
mes études
 

Mon citronnier de Samantha Barendson vient de ressortir au format roman XXL aux éditions JC Lattès. Le récit a été entièrement retravaillé par l'auteure. La pagination a triplé. C'est donc un autre citronnier à redécouvrir « avec moins d'ellipses », a confié l'auteure à Thierry Renard, « une plus longue enquête, où la fiction n'est pas non plus absente... »


Pour les chanceux lyonnais :

Rendez-vous le 9 février 2017 à 19h00 à la Librairie « Vivement dimanche » (4, rue du Chariot d'or - Lyon 4e - métro Croix-Rousse) Samantha Barendson y présentera les deux livres en question.

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